Au Zimbabwe, le groupe minier Zimplats, premier investisseur étranger dans le pays, a cédé 10% de son capital à la population locale. Zimplats est l’une des premières entreprises à prendre des mesures pour se conformer à la loi qui oblige les entreprises étrangères à vendre au moins 51% de leurs actions à la population. Cette filiale du groupe sud-africain Impala Platinum, a mis sur pied un fond d’actionnariat communautaire au profit des habitants de la région de Selous, près d’Harare, où il exploite une importante mine de platine. Le fonds, inauguré par le président zimbabwéen Robert Mugabe, a déjà reçu un don de 10 millions de dollars qui doit être utilisé pour la construction d’écoles, de routes ou de ponts. En échange de la mise en place de ce programme d’indigénisation, la société minière pourra continuer à exploiter ses gisements de platine et à étendre ses activités dans le pays.
David Brown Directeur du groupe Implats : « La phase d’expansion en cours sera achevée en 2014. ZIMPLATS développera de nouvelles mines souterraines, des infrastructures centralisées et une nouvelle fonderie. Cette phase d’expansion coûtera 1 million de dollars et augmentera le rendement de la production d’environ 360 000 onces par an ».
La loi sur l’indigénisation provoque des tensions au sein du gouvernement d’union qui dirige le pays. D’après le Premier ministre Morgan Tsvangirai, elle a miné la confiance des épargnants et pourrait empêcher le redressement fragile de l’économie alors que le pays connait une forte inflation. Lors de la cérémonie, le président Robert Mugabe a cependant indiqué que les investissements de Zimplants n’étaient pas en danger dans le pays.
Robert Mugabe, Président zimbabwéen : « Ce que l’on peut dire, c’est que nous contrôlons nos propres ressources. Nous ne voulons pas voler ce qui ne nous appartient pas non jamais.mais dans le même temps nous ne voulons pas nous faire voler ».
Fin septembre le gouvernement avait déjà lancé un avertissement à plus de 700 entreprises étrangères. Celles qui ne se plieraient pas à cette nouvelle loi risquaient une suspension de leur licence et s’exposaient à de lourdes amendes. Les compagnies minières sont sous pression. Elles sont obligées de coopérer. Selon certains analystes, beaucoup d’entreprises attendent la venue d’un gouvernement plus favorable aux investissements internationaux avant d’accroître leurs productions.