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Tunisie

Le 21.10.2011 46 vues

Les nouvelles forces politiques

Dimanche 23 octobre, la Tunisie se rend aux urnes pour élire une assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Des élections historiques : les premières a être libres et démocratiques. 116 partis, plus de 1500 listes, dont 700 indépendantes, et 11 000 candidats, les Tunisiens ont du mal à faire leur choix.

L’enjeu est double : d’une part, rédiger une nouvelle constitution, d’autre part, doter le pays d’un pouvoir élu et légitime. Le 23 octobre, le système Ben Ali va donc officiellement prendre fin, et une nouvelle classe politique le remplacer. Certes, ces nouveaux dirigeants n’auront pas l’expérience du pouvoir, mais ils seront forts de la légitimité des urnes. En contrepartie, ils seront garants et comptables des aspirations et des attentes de leurs électeurs. Mais quelles sont les nouvelles forces politique en présence ?

Tout d’abord, le parti islamiste Ennahda. Fondé en 1981 par Rached Ghannouchi et directement inspiré des Frères musulmans égyptiens, le parti se dit proche de l’AKP Turc. Combattu tant sous Bourguiba que sous Ben Ali, ses détracteurs l’accusent d’employer un double langage : rassurant en public, et radical dans les mosquées. S’il ne fait pas explicitement référence à la charia, il entretient toujours le flou sur certaines questions de société liées à la place des femmes. Légalisé depuis le 1er mars dernier, Ennahda est présent dans toutes les circonscriptions et crédité des meilleurs scores.

L’autre grande force en présence, c’est le PDP, le Parti Démocrate Progressiste, fondé en 1983 par Ahmed Néjib Chebbi. L’avocat se présente comme étant de centre gauche, et défend des orientations économiques libérales. Seul parti à être dirigé par une femme, Maya Jribi, tête de liste dans la capitale, le parti se présente comme la principale alternative aux islamistes d’Ennahda. Ses adversaires lui reprochent d’avoir ratissé très large dans les milieux d’affaires et jusque dans les rangs du RCD, le parti de Ben Ali.

Ettakatol, « forum démocratique » en arabe, est membre de l’internationale socialiste. Perçue comme un parti d ’élites du centre gauche, la formation est portée par un opposant de longue date à Ben Ali, le médecin Mustapha Ben Jafaar. Ettakatol, qui a appelé à une véritable rupture, s’est rendu populaire en claquant la porte du premier gouvernement post Ben Ali, et en menant une véritable campagne de proximité.

Plus à gauche, on trouve le Pôle Démocrate Moderniste. Une coalition de 5 partis et de candidats indépendants – dont Ettajdid, l’ex Parti Communiste. Une formation qui se veut social-démocrate et entend, elle aussi, « faire barrage » à Ennahda.

Le Congrès pour la République (CPR). Créé en 2001 et aussitôt interdit, ses dirigeants ont vécu en exil en France jusqu’à la révolution. A sa tête, on retrouve Moncef Marzouki, marqué à gauche, mais qui s’est rapproché d’Ennahda afin de défendre une identité arabo-musulmane.

Le PCOT, le Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie, dont le chef Hamma Hammami a longtemps vécu dans la clandestinité, jouit d’une certaine notoriété, acquise en 25 ans de lutte pour les libertés. Partisan d’un régime parlementaire, Hammami défend la liberté d’action et d’expression, y compris pour les islamistes d’Ennahda.

Enfin, une quarantaine de formations tentent de récupérer l’héritage électoral du RCD, le parti dissout de Ben Ali. Les plus en vue sont Al-Watan de Mohamed Jegham et Al-Moubadara de Kamel Morjane, tous deux anciens ministres du président déchu.