Comme prévu, le parti islamiste Ennahda est arrivé en tête dans la plupart des circonscriptions en Tunisie et à l’étranger. Si le parti peut être satisfait d’être celui qui a récolté le plus de voix, on est loin des 60% espérés : Ennahda est passé à côté du raz de marée promis par son leader, Rached Ghannouchi. La déferlante islamiste n’a pas eu lieu. En revanche, les centristes et autres partis de gauche peuvent s’enorgueillir d’avoir créé la surprise. La deuxième place revient au parti Ettakattol. Les tunisiens connaissent bien ce parti centriste, fondé en 1994 par Mustapha Ben Jaffar. Ettakatol a fait une campagne tranquille et consensuelle. Il envisageait déjà, pendant la campagne une alliance avec les islamistes. Vient ensuite le Congrès pour la République de Moncef Marzouki. Sa présence sur la 3ème marche du podium peut en surprendre plus d’un. Et pourtant, les valeurs de ce parti de centre-gauche sont le nationalisme arabe et l’identité musulmane. Des valeurs qui ont fait mouche auprès d’une population tunisienne qui oscille entre modernisme et traditionalisme.
Le Parti Démocratique Progressiste de Nejib Chebbi est quant à lui, déçu : « Il s’attendait à être la deuxième force du pays ». Ce parti de centre-gauche n’a pas lésiné sur les moyens pendant la campagne. Mais les tunisiens semblent avoir sanctionné son manque d’ouverture vis à vis des islamistes. Autre grand déçu, le Parti Démocrate Moderniste. Son secrétaire général, Riadh Ben Fadhl « regrette de ne pas avoir fait passer son message et son projet de société ».