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Tunisie

Le 28.10.2011 44 vues

Les résultats définitifs enfin connus

Après 5 jours d’attente, les résultats définitifs et officiels des élections tunisiennes sont enfin connus. Comme prévu, c’est le parti islamiste Ennahda qui arrive largement en tête avec 41,47% des suffrages. Le CPR est la deuxième formation la plus plébiscitée, avec un score de 13,82%, suivie d’Ettakatol, avec 9,68 %. Les surprises du scrutin, ce sont les 8,76 % réalisés par le parti Al Aridha de l’homme d’affaire Hechmi Haadmi ainsi que les faibles scores du PDP et du PDM, qui obtiennent respectivement 7,83 et 2,3%, le même score qu’El Moubadara. En vertu de ces résultats, Ennahda obtient 90 sièges, le CPR 30, Ettakatol 21, Al Âridha 19 et le PDP 17. Le PDM et El Moubadara obtiennent 5 sièges chacun. Attention cependant, car suite au retrait des listes d’Al Aridha pour irrégularités, ses 19 sièges seront redistribués. Au total, 49 femmes siégeront à l’assemblée, soit ¼ des 217 élus.

Les 217 membres de l’assemblée seront chargés de rédiger une nouvelle constitution, dans un délai d’un an. Mais dans l’immédiat, ils devront d’abord élire un président provisoire, qui désignera un premier ministre chargé de composer un gouvernement jusqu’aux prochaines élections générales. Bien qu’arrivés en tête, les islamistes d’Ennahda ne pourront pas gouverner seuls. Pour dégager une majorité, Rached Ganouchi devra négocier avec au moins deux partis de gauche : Le Congrès Pour la République, du nationaliste Moncef Marzouki, et Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar. Ce dernier, qui avait refusé toute alliance avec les islamistes avant le vote, à d’ores et déjà entamé les discussions avec Ennahda en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale, une stratégie partagée par Marzouk. Ben Jaafar s’est également positionné en vue de la future présidence, se disant prêt à assumer les plus hautes responsabilités du pays, alors que Hamadi Jebali, le numéro deux d’Ennahda convoite le poste de premier ministre. Pour sa part, Ahmed Brahim, à la tête de la coalition du PDM, a regretté que les différents partis progressistes n’aient pas contracté une alliance en amont des élections. Une alliance, qui, selon lui, aurait conduit à un tout autre résultat lors du scrutin.

Le PDM se positionne donc comme le principal parti d’opposition, aux côté du Parti Démocrate Progressiste emmené par Maya Jribi, qui a reconnu sa défaite dès lundi. Ennahda devra compter avec un contre pouvoir de démocrates laïques et libéraux, une force pas encore structurée mais qui pourrait représenter autour de 25% des sièges de la nouvelle assemblée. Le prochain gouvernement sera confronté à une situation économique très difficile, dans un pays où la croissance habituellement autour de 5-6% est nulle ou négative depuis janvier, et où le désastre de la dernière saison touristique a détruit des emplois et gonflé un taux de chômage estimé aujourd’hui à 19%.