Au Gabon, vient d’être inauguré la Zone économique spéciale de Nkok. Installée à 27 km de Libreville, sur plus de 1 000 hectares, il s’agit de la plus grande zone franche d’Afrique centrale et de l’Ouest. Et elle sera principalement dédiée aux industries de transformations du bois. Effectivement, le pays n’exporte que 60% de ses grumes et transforme sur place moins de 40% du bois exploité. L’objectif est donc d’impulser l’émergence d’une industrie forestière qui permettrait l’exportation de produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée. Et c’est pourquoi le gouvernement a mis en place de puissants leviers pour l’industrialisation de cette filière.
Fruit d’un partenariat entre la République Gabonaise et le groupe singapourien Olam, la zone économique de Nkok devrait attirer près d’1 milliards de dollars d’investissements étrangers. Le chantier ne devrait être finalisé qu’en mars 2012. Mais la 1ère phase a déjà été livrée.
Comme l’explique Gagan Gupta, directeur régional de la multinationale Olam qui conduit le projet : « Pour l’instant, sont en place les infrastructures de base : près de 16 kilomètres de routes, l’électricité – 35 mégawatts de puissance – et une capacité d’alimentation en eau. C’est maintenant que les industries vont commencer à s’implanter ».
La zone présente plusieurs avantages pour les investisseurs, notamment l’exonération des taxes et l’obtention facile des documents administratifs. Le projet s’inscrit en fait dans une stratégique qui vise à favoriser l’émergence d’une industrie locale à forte plus-values. Car le Gabon est encore faiblement industrialisé.
Gagan Gupta témoigne de cette diversification des activités dans la zone : « D’une part, vous avez les industries du bois, du secteur primaire, comme la scierie, jusqu’au secteur tertiaire avec la fabrication de parquets et de contre-plaqué. D’autre part, vous avez des choses comme le manganèse, des fondations en fer utilisées dans la construction, vous avez aussi des plaques de tôle, des aménagements pour la production de charbon de bois, et des installations pour la fabrication de papier de soie ».
Placée sous le signe de l’innovation, la zone économique de Nkok est un des pôles de développement majeur du pays.
Le secteur du bois fournit déjà de l’emploi à plus d’1/4 de la population. Mais Max Ekogha, charpentier à Libreville, est plein d’espoir: « Quand on travaillera à la menuiserie de Nkok, à l’usine, beaucoup de choses vont changer à Libreville. »
Il gagne correctement sa vie, mais ses revenus varient en fonction du volume des commandes. La toute nouvelle Zone économique spéciale pourrait donc lui apporter une source de revenus plus régulière : « Si cette usine est vraiment bien et que moi-même je touche du doigt, vous voyez je fais un dossier, je vais le déposer pour que je puisse travailler. Vraiment c’est une idée pour que les Gabonais puissent travailler pour diminuer un peu le chômage, pour montrer vraiment. Chaque Gabonais doit montrer son talent. ». Avec l’ouverture de la zone économique de Nkok, 6 000 à 7 000 emplois directs pourraient être créés.