À quelques jours de l’élection de l’assemblée constituante, le pays déclencheur du printemps arabe attend le changement avec anxiété. Ici à Sidi Bouzid lieu de départ des manifestations la population connaît un très fort taux de chômage et l’optimisme n’est pas de mise.
Walid Al Tahery, Informaticien au chômage : « Ces élections se font dans des circonstances particulières. Tous les candidats qui se disent être de bons remplaçants, ils sont en fait tous les mêmes, nous ne les comprenons pas. On est là, on lit les milliers de tracts et posters de campagnes, mais aucun ne reflète précisément ce qu’il se passe sur le terrain ».
Dans cette région oubliée par le précédent gouvernement la population souffre du manque d’emplois. La jeunesse est tout particulièrement touchée. Beaucoup d’entre eux sont diplômes mais n’ont aucune opportunité
Abdouli Said : « J’ai été diplômé en 2002, j’ai fait ensuite un doctorat en archéologie islamique et depuis je suis sans emploi. Je pense que la révolution a appelé a la fin des pots de vins, des discriminations et du favoritisme, mais rien n’a changé. Demandez à n’importe qui ici ils vous diront la même chose, rien n’a changé. Mon opinion est que la révolution était dans la rue mais qu’elle n’a pas changé les consciences. Cela n’a détruit notre vieil ordre social ».
Ces élections peuvent être un tournant pour le pays mais dans cette région 40 à 50% des jeunes ne veulent pas voter, preuve de la crise de confiance entre le peuple et les politiques. Aujourd’hui les aspirations divergent. La population active attend la liberté, tandis que pour les 700 000 personnes sans emploi l’objectif est seulement de trouver enfin un travail.