Au Maroc, le Mouvement du 20 février a repris du service pour la 7eme fois, mais il peine aujourd’hui à mobiliser ses troupes. Ils n’étaient qu’un millier dimanche dans la capitale pour revendiquer plus de libertés, de réformes économiques, sociales, et politiques.
Un essoufflement que déplore Oussama Lakhlifi, l’un des fondateurs du mouvement. : « Le mouvement traverse une phase difficile et fait face à quelques problèmes internes. Tout cela l’affecte et réduit le nombre de participants aux marches et aux manifestations. Mais on va continuer notre lutte et retrouver notre élan pour atteindre nos objectifs en tant que mouvement de protestation ».
Le Mouvement du 20 février est composé de cyber-militants indépendants, d’islamistes et d’activistes d’extrême gauche, pour la plupart des jeunes. Les autorités accusent régulièrement le mouvement islamiste « Justice et bienfaisance » de noyauter et de manipuler ces jeunes.
Mohammed Benhammou, président du centre marocain des études stratégiques : « Malheureusement, en raison du manque d’expérience et de maturité des jeunes de ce mouvement, d’autre plus radicaux, qu’ils soient islamistes ou de gauche, ont réussi à imposer leur propre programme et n’ont pas permis à cette dynamique de la jeunesse de s’exprimer de manière véritable. C’est ce qui ne nous a pas permis d’identifier la véritable nature ou le type d’ambition politique qu’ils ont pour le futur ».
Le roi Mohammed VI a réagi dès les premières manifestations dans le royaume. Le 1er juillet, les marocains se sont prononcés par référendum sur une réforme de la constitution qui devrait réduire les pouvoirs du roi au profit du parlement et de l’exécutif. Le gouvernement a également pris des mesures destinées à la société civile, mais jugées insuffisantes.
Abdelhamid Amine, président de l’Association marocaine des droits humains : « Il y a eu quelques manœuvres, des concessions partielles telles que la réforme constitutionnelle ou l’emploi pour les personnes non qualifiées, à travers le dialogue social avec les syndicats ou en saisissant le Conseil national des droits de l’homme. Tout cela n’était que des mesures partielles qui n’ont pas trompé le mouvement. C’est pourquoi ce mouvement va continuer de se battre ».
Le mouvement du 20 février n’est pas encore prêt à abandonner la lutte. Parmi ses membres, certains appellent au boycott des élections générales du 25 novembre.