Depuis le 11 juillet, les Tunisiens sont appelés à s’inscrire sur les listes électorales en vue de l’élection de l’assemblée constituante du 23 octobre. On aurait pu s’attendre à ce que la population réponde avec enthousiasme à l’expérience d’une élection libre et transparente.
Mais les tunisiens boudent le processus électoral. Sur quelques 7 millions d’électeurs et plus de trois semaines après l’ouverture des inscriptions, seules 2 millions de personnes se sont inscrites.
Devant ce résultat décevant, l’Instance supérieure indépendante pour les élections, en charge de l’organisation, a décidé de repousser au 14 août la fin de la période d’inscription.
Côté communication, cette instance n’a pas lésiné sur les moyens. Outre une vaste campagne d’affichage et de spots télévisés, les pages Facebook et les bannières internet se multiplient. Pourquoi un tel manque de mobilisation ? Plusieurs explications sont avancées.
Les Tunisiens ont été éloignés de la politique ces dernières décennies. La jeunesse connaît mal les institutions et leur fonctionnement. L’offre électorale semble, par ailleurs, déconnectée des objectifs. Les partis parlent, plus volontiers, de programmes économiques, sociaux et politiques, mais restent muets quant à leur programme pour la constituante. Difficile dans ces conditions de connaître le modèle politique proposé.
La constituante est une idée du Conseil de la protection de la révolution, composé de 14 partis politiques, de la puissante Union générale des travailleurs tunisiens et d’organisations issues de la société civile. S’agit-il en fin de compte d’une démarche imposée par une minorité politique ? Une chose est sûre aujourd’hui, l’opinion générale est déconnectée de l’objet de cette élection et de l’enjeu réel que constitue cette assemblée constituante.