La phoeniciculture était à l’honneur au Maroc, à l’occasion du « Salon international des dattes ». Pour cette seconde édition, la manifestation a attiré à Erfoud, dans le sud-est marocain, plus de 180 exposants venus des différents pays du monde arabe. Un événement, où 60 000 visiteurs étaient attendus. Le nombre de dattiers dans le monde est estimé à plus de 100 millions de palmiers pour une production annuelle évaluée à 3,7 millions de tonnes, dont environ 70% générés par les pays arabes. Avec plus de 4 millions de pieds, le Maroc représente 3% de la production mondiale de dattes et occupe le 8ème rang, après notamment l’Irak, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, l’Algérie, la Libye et le Soudan.
Bachir SAOUD, Directeur de l’Agence Nationale de Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier : « L’objectif principal est d’assurer une certaine continuité et d’augmenter le nombre de professionnels participants chaque année. Ils doivent s’impliquer davantage dans ce qu’ils font. Mais ils ne savent pas comment s’organiser comme des professionnels, tenir une comptabilité des charges, de la production et de la demande, ce ne sont pas leurs priorités ».
L’évolution croissante de la demande et les possibilités d’exportation de la datte marocaine expliquent l’intérêt grandissant dont ont fait l’objet les palmeraies de la part du gouvernement marocain. Le Royaume a ainsi initié de nombreux programmes de développement et de mesures structurantes visant à préserver le patrimoine phoenicicole. Avec notamment la création en 2009, de l’Agence Nationale de Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier. Le palmier dattier constitue l’ossature principale de l’écosystème oasien des régions sahariennes et pré-sahariennes du Maroc. Il contribue à la formation des revenus agricoles pour 1 million d’habitants à hauteur de 20 à 60%. Mais il existe une large marge de progression des performances du secteur, notamment en termes d’amélioration de la productivité, de la qualité et de la valeur ajouté des produits dattiers.
Abdelhay CHERRADI, Directeur de la coopérative de l’oasis d’Annour : « Aujourd’hui, on plante plus de palmiers, contrairement à ce qui se passait avant. Le salon permet de placer notre région sur la carte du monde. Le packaging des dattes s’améliorent, les fruits sont plus propres, et les agriculteurs utilisent de nouvelles machines ».
L’organisation des phoeniciculture bénéficiaires en coopératives, groupements ou en associations professionnelles, permet un décollage plus rapide. Cette coopérative de la région d’Erfoud, initiée par une cinquantaine de jeunes marocains, fabrique différents produits à base de dattes, notamment du sirop, de la confiture ou encore de la pâte. Un partenariat a même été établi avec une société italienne pour produire du bois de palmier.
Ibrahim ABDELLAOUI, Directeur de la coopérative Jnane Erfoud : « C’est un projet ambitieux. Nous voulons être impliqués dans toutes les étapes du processus de production des dattes, de la récolte à l’emballage, jusqu’à l’exportation ».
S’il existe deux organisations similaires dans le monde, aux Émirats Arabes Unis et en Indonésie, le principe est en phase de test au Maroc - à voir si cela fonctionne sur le long terme. Pour l’Institut National de la Recherche Agronomique, la création de parcelles pilotes chez les phoeniciculture des principales régions productrices visent à sensibiliser ces derniers aux pratiques culturales et aux techniques modernes de production.
Moulay HASSAN SEDRA, Institut National de la Recherche Agronomique : « Institut National de la Recherche Agronomique, avec ses partenaires, vont continuer à mener des expériences et désigneront des fermes pour servir de modèles ».
Les visiteurs du salon ont eu l’opportunité de découvrir ces pilotes des fermes de demain. Un projet attendu, afin de redynamiser le secteur et rendre la filière plus productive et plus compétitive. Avec 453 variétés de dattes, le Maroc affiche, en moyenne, une production annuelle de 90 000 tonnes. Actuellement, la moitié est vendue localement et seule une petite partie est exportée.