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Maroc

Le 18.11.2011 81 vues

La culture du safran

Le Maroc cultive le safran depuis des siècles. Apprécié pour sa saveur et ses qualités curatives, le safran est une des épices les plus chères au monde. Pourtant ceux qui la cultivent en tirent peu de bénéfices au regard des profits réalisés sur le marché mondial. Dans cette région du sud-marocain, les champs sont couverts de la fleur violette dont le safran est dérivé. Mais les revenus de cette culture restent faibles. Une livre de safran (450 gr.) exige la récolte de plus de 50 000 fleurs, soit une surface de culture supérieure à celle d’un terrain de football !

Agriculteur : « Si je veux faire pousser plus de safran, je vais devoir cultiver plus de terres. C’est faisables, pour moi, car mes fils sont adultes et peuvent m’aider ».

Les autorités marocaines encouragent les agriculteurs à planter davantage de fleurs de safran pour stimuler l’économie locale. Car les exportations sont une source de revenus très intéressante pour le Royaume. Par ailleurs, les familles paysannes maintiennent une forte tradition communautaire qui favorise l’organisation des producteurs de safran en groupements et en réseau coopératives, union, ou fédération. Un moyen de faire évoluer la situation…

Ismaël EL-HAMDI, Ingénieur agronome et fonctionnaire local : « Nous avons mis en place un certain nombre de coopératives, que nous avons regroupées pour tirer des « bénéfices économiques partagés ». L’idée de ce regroupement est d’éviter la spéculation et la multiplication des intermédiaires pour une  rentabilité optimale ».

L’isolement géographique des territoires de production du safran s’avère également problématique. Il favorise le maintien d’une pratique de marché archaïque, centrée sur un lieu unique d’échanges entre producteurs et courtiers. Et s’il n’existe pas d’alternative de marché, les agriculteurs se retrouvent alors obligés d’accepter de vendre leur production de safran au prix fixé par les courtiers. Une relation de dépendance nettement défavorable au producteur.

Khadija MOHAMEDI, Maison du Safran : « Le nombre de parcelles plantées de safran a progressé, mais bien que la quantité ait considérablement augmentée, le prix est resté le même voire a chuté C’est parce que les gens ne savent toujours pas commercialiser le safran. Ils ne savent pas comment mettre en place une stratégie marketing et vendre leurs produits ».

Sur place, en effet, le prix de gros du safran n’excède pas les 500 euros la livre, alors qu’au détail le consommateur peut payer jusqu’à dix fois cette somme.