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Le 06.12.2011 124 vues

Quelle répartition des pouvoirs ?

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Devenue l’agora de Tunis, la place du Bardo, face au palais qui abrite l’Assemblée Constituante, concentre depuis plusieurs jours toutes les revendications du pays. Samedi, deux camps se faisaient face. D’un côté, des sympathisants de gauche, des enseignants, des chômeurs de la région de Gafsa et des femmes inquiètes pour leurs droits. De l’autre, des islamistes de tous bords, environ 3000, venus soutenir la politique d’Ennahda, le parti islamiste vainqueur des élections du 23 octobre.

À l’origine des tensions, le projet d’organisation des pouvoirs publics, sur lequel les différents partis sont finalement tombés d’accord vendredi dernier. Les désaccords majeurs portaient sur les prérogatives respectives du chef de l’État et du chef du gouvernement, mais aussi sur le mode d’adoption de la future constitution tunisienne. Au cours de discussions longues et houleuses, Ennahda a été accusé par l’opposition et par ses partenaires de gauche de vouloir s’arroger les pleins pouvoirs. En effet, dans le projet initial, le président de la République était dépourvu de pouvoir au profit du 1er ministre. Sur ce point le parti islamiste a dû faire marche arrière.

Ainsi le chef de l’État sera chargé de représenter le pays et d’en tracer la politique étrangère en concertation avec le chef du gouvernement. Il désignera le chef du gouvernement, signera et promulguera les lois adoptées par la Constituante, et assurera le commandement des forces armées.

De son côté, le premier ministre conserve de larges attributions. Il sera entre autre chargé de créer et de définir les compétences des ministères, et de désigner des hauts fonctionnaires.

La future constitution tunisienne, quant à elle, devra être adoptée à la majorité des deux tiers. Si après deux lectures, elle ne l’était toujours pas, elle sera alors soumise à référendum.

Le projet doit être adopté mardi en Assemblée plénière et permettre l’élection du président de la République, le jour même ou dans la semaine. Ce dernier devra nommer le chef du gouvernement, dont l’équipe devra obtenir la confiance de l’Assemblée. Mais partagé entre islamistes et laïques, le nouvel exécutif qui verra le jour parviendra-t-il à concilier les positions et rassurer la population ? Entre revendications identitaires, crise économique et sociale, et scepticisme, il risque d’être vite mis à l’épreuve.