L'économie un an après la révolution

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Spécial Tunisie

Le 16.01.2012 124 vues

L’économie un an après la révolution

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Al Qarra – En Tunisie, l’année 2011 aura été marquée par un dynamisme politique sans précédent, dans le cadre d’une situation économique difficile pour le pays. Des difficultés dues essentiellement à la baisse de la production, au recul des exportations et des investissements ainsi qu’à la chute des réserves de change.

Ridha SAIDI, Ministre de l’économie tunisien :
« Si l’on regarde les différents indicateurs économiques de l’année 2011, l’un des plus importants est celui de la croissance économique, qui affiche une hausse ne dépassant pas les 0,2% du PIB. L’indice du chômage a atteint des niveaux encore plus élevés, en particulier après le retour des travailleurs de Libye. »

C’est notamment la combinaison du chômage des jeunes et les pratiques de corruption qui avait mené à la révolution et à la chute de Ben Ali au pouvoir depuis 23 ans.

Aujourd’hui, le taux de chômage reste supérieur à 14%, et atteint 20% chez les jeunes diplômés. La lutte contre le chômage a pourtant été la priorité de la politique économique du pays pendant plusieurs années, mais le gouvernement ne parvient pas à créer suffisamment d’emplois destinés aux jeunes en particulier. Un problème qui ne pourra être résolu rapidement car la population active tunisienne continue de croître.

Le taux de chômage dépasserait désormais les 18 %. Et la situation pourrait même s’aggraver. En effet, à cela s’ajoute l’incidence de la révolution sur la capacité de production, la confiance des investisseurs et l’insécurité locale.

Après une année de perturbations, l’activité économique devrait effectivement encore baisser à court terme, notamment dans les secteurs de l’industrie et du tourisme.

La Tunisie souffre également de l’impact négatif de la récession économique en Europe. Car l’Union européenne est le premier partenaire économique de la Tunisie devant la Libye qui connaît elle aussi une conjoncture défavorable.

Ridha SAIDI, Ministre de l’économie tunisien :
« En 2012, l’objectif est d’atteindre un taux de croissance d’environ 4%, ce qui serait une véritable performance dans le contexte actuel de ralentissement de l’économie européenne. Nous serons satisfait si on atteint 3 ou 4% et si les investissements étrangers suivent puisqu’ils devraient permettre de répondre à certaines attentes de la révolution en matière d’emploi. »

Du côté des investissements étrangers, les statistiques officielles ont révélé une régression de plus de 35% en volume par rapport aux résultats enregistrés en 2010, soit 990 millions de dollars en 2011 contre 1,535 milliards de dollars l’année précédente.

Pour atteindre les objectifs ambitieux affichés par le gouvernement, il faudrait donc que la machine économique reparte. Mais la multiplication des rassemblements et les grèves organisées ces derniers temps ne contribuent pas à la relance de l’économie…

Azzedine SAIDENE, Analyste économique :
« Chaque sit-in illégal est une sorte d’égoïsme car tous ces manifestants doivent se rappeler qu’aujourd’hui en Tunisie il y a plus de 750 000 personnes sans emploi et sans revenus. Ils doivent se rappeler que plus de 10% des Tunisiens vivent en dessous du seuil de pauvreté. »

En fait, selon les derniers chiffres officiels, ce sont près d’1/4 de la population tunisienne qui vit actuellement en-dessous du seuil de pauvreté.

Certes des changements sont attendus en 2012, mais le redressement de l’économie ne se fera pas sans les investisseurs et la reprise du tourisme.