Al Qarra – Plusieurs milliers de tunisiens ont célébré samedi dans le centre de Tunis les un an de la révolution. Le 14 janvier dernier, Zine El Abidine Ben Ali fuyait le pays, après avoir passé plus de 20 ans au pouvoir. Au sein de la population les sentiments sont mitigés. Ils oscillent entre joie et amertume.
Un citoyen tunisien :
« J’ai les mêmes sentiments que tous les tunisiens, que dieu bénisse nos martyres. Parce que c’est grâce à eux que nous sommes là, et les gens doivent comprendre que la Tunisie n’appartient pas à une seule personne. Nous devons essayer d’élever notre pays parce que nous voulons qu’il soit le meilleur. C’est la joie du peuple, de toutes les mouvances et de tous les horizons. Nous voyons des slogans de soutien, d’autres qui condamnent, c’est ça la force du peuple tunisien. »
Tous les tunisiens n’ont pas le cœur à la fête. Certains sont venus manifester leur colère ou leur inquiétude.
Un citoyen tunisien :
« Nous saluons l’anniversaire mais nous ne faisons pas la fête. Nous saluons l’anniversaire de la colère du peuple et la chute du dictateur. Nous ne nous réjouissons pas, parce que le peuple n’a pas atteint les objectifs de la révolution en matière d’emploi. Le développement est inexistant, les assassins des martyres n’ont toujours pas été jugés, la marginalisation existe toujours, ainsi que la suppression des libertés, tandis que les journalistes sont manipulés. »
Le peuple tunisien a montré aux autres et surtout aux peuples arabes comment faire tomber les barrières de la peur dans leurs esprits. Le peuple tunisien n’accepte pas les leçons des réactionnaires arabes. Beaucoup de tunisiens s’interrogent sur les progrès accompli depuis un an. Le bilan économique n’est pas brillant. Le pays compte 850 000 chômeurs, tandis que la croissance peine à repartir.