Al Qarra – Ils étaient des milliers sur l’avenue Bourguiba, ce 14 janvier 2012, pour fêter le premier anniversaire de la chute de Ben Ali. Un cortège au couleurs vives, aux allures de carnavals, des groupes de musiques et des costumes. Un manifestant arpentait l’avenue, portant un masque de Ben Ali, et accompagné d’une marionnette représentant Leïla, l’épouse du président déchu, surnomée « la sorcière ». De nombreux tunisiens étaient venus en famille, certains enfants enroulés dans le drapeau tunisien.
Mohamed :
« Nos enfants doivent étudier à l’école, la Tunisie est bien éveillée maintenant et personne n’osera plus se moquer de notre pays».
Mais les chants et les sourires se mêlaient aux renvendications politiques. Toutes les formations étaient au rendez vous. Les drapeaux noirs du parti salafiste flottaient aux côtés de l’étendard d’Ennahda. De nombreux tunisiens ont également profité de cette célébration pour exprimer leurs inquiétudes : « Le travail est un droit », « Tunisiens restez debout », « Nous allons continuer la bataille », scandaient certains manifestants.
Sonia :
« La révolution est toujours en attente, on attend encore. De toutes façons les demandes qui ont poussé les gens à se révolter ne se sont pas encore réalisées, qui sont: le travail et la dignité ».
D’autres manifestants réclamaient la reconnaissance pour les 300 « martyrs » abbatus lors du soulèvement. Hommage particulier rendu à Mohamed Bouazizi avec une reconstitution de la charrette de ce vendeur ambulant qui s’était immolé par le feu fin 2010. Elément déclencheur de la révolution en Tunisie.