Al Qarra – La première chambre du Parlement a approuvé jeudi le programme gouvernemental d’Abdelillah Benkirane, avec 218 voix pour et 135 contre. Pour ce premier test, le nouvel exécutif semble s’en être bien sorti face à une opposition visiblement en forme, et n’a pas ménagé ses critiques. Le premier ministre a été interpellé sur trois points principaux.
D’abord, la faiblesse d’indicateurs chiffrés sur les mesures annoncées. Une critique rapidement balayée par la majorité, qui s’est naturellement référé à l’article 88 de la nouvelle constitution. En effet, il indique qu’un programme doit dégager seulement les grandes orientations des mesures gouvernementales. Abdelillah Benkirane a néanmoins confirmé que les données chiffrées et les délais d’exécution seront détaillés à travers le projet de loi de finances, précisément prévu à cet effet.
L’opposition a également réagi lorsque le chef du gouvernement a affirmé son intention d’oeuvrer dans la continuité. Peut-on parler de nouveau programme dans la continuité ? Oui, a répliqué Benkirane qui justifie son propos par la nécessité de continuer sur la voie de la stabilité. Il explique que la notion de continuité n’exclut pas le changement, dès lors qu’il s’agit de rectifier les dysfonctionnements.
Enfin, la dernière réserve de l’opposition concerne la représentation féminine, jugée trop faible, au sein du gouvernement. Sur ce point, Benkirane a plaidé coupable et s’est même confondu en excuses. Mais s’il a promit de rectifier le tir au niveau des postes clés, il a néanmoins tenu à confronter la classe politique à sa propre responsabilité en la matière. La majorité a en effet appelé les partis à favoriser la parité en leur sein, afin de facilité la représentation des femmes en politique. Lors des précédentes législatives, 5 % seulement des têtes de liste étaient féminines. Et sept femmes seulement ont pu accéder au Parlement par le vote direct.