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Spécial Tunisie

Le 02.02.2012 136 vues

La question du niqab se pose en Tunisie

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Hanene a 14 ans, mais depuis un an elle ne va plus au collège. Au lendemain de la révolution qui a provoqué la chute du régime de Ben ali, cette jeune tunisienne a décidé de porter le niqab, le voile intégral. Une tenue interdite dans les établissements scolaires tunisiens. Alors depuis, Hanene ne sort plus de chez elle, sauf pour aller à la mosquée, mais pas question de renoncer au choix du Niqab.

Hanene, jeune tunisienne portant le niqab :
« Moi je pense que c’est une obligation pour les femmes musulmanes qu’elles soient françaises ou autres »

Un avis que sa mère est loin de partager. Maman de Hanene :
« A la mosquée, elle a rencontré des gens qui l’ont encouragée à mettre le niqab. Je ne l’ai jamais encouragée à mettre le niqab. J’aimerais qu’elle l’enlève, qu’elle vive une vie normale et qu’elle reprenne ses études. Après elle pourra le mettre. Elle n’a pas voulu. »

Dans la cour de la faculté des lettres de la Manouba à Tunis, ces étudiants salafistes font la prière du vendredi. Depuis deux mois, ils occupent l’université, perturbant les cours et les examens. Ils réclament le droit au port du voile intégral en cours et la construction d’une mosquée dans l’enceinte de la faculté. Pour eux, c’est un premier pas, vers une application stricte de la charria, la loi islamique.

Ramzi, étudiant salafiste de la Manouba :
« La souveraineté au peuple… c’est un terme que nous ne voulons pas. Nous voulons que la souveraineté revienne à Dieu, ensuite on pourra exercer les mécanismes de la démocratie. »

Ces dernières semaines, les incidents se sont multipliés dans les établissements scolaires tunisiens. Impuissants face au problème, les enseignants se sentent abandonnés.

Hatem Chelli, professeur à l’Institut Préparatoire aux Etudes d’ingénieurs (IPEIT) :
« Nous avons une absence totale du ministère de l’enseignement supérieur, nous avons une absence totale du gouvernement et personne ne prend aucune décision. »

Réputé modéré, le parti islamiste Ennahda arrivé au pouvoir en octobre a peu réagi aux récents incidents, par peur de s’aliéner la base radicale de son électorat. Un silence qui inquiète profondément une partie de la société tunisienne.