Richard est camerounais, et s’il se trouve aujourd’hui à Malabo, c’est pas, comme la plupart des touristes présents dans la capitale équato-guinéenne, pour assister au quart de finale de la CAN qui opposera les locaux à la Côte d’Ivoire samedi.
Ce jeune footballeur de 22 ans caresse un tout autre rêve : devenir professionnel et jouer dans une équipe nationale. Et tant pis si ce n’est pas la prestigieuse sélection des Lions indomptables. C’est pourquoi il a quitté son pays, 20 millions d’habitants, pour la Guinée Équatoriale, qui n’en compte que 600 000. Dans un pays beaucoup plus petit les talents sont forcément plus rares, et par conséquent, ils ont plus de chance de se faire repérer. Si Richard est encore loin dans son rêve, il est déjà parvenu à se faire engager par plusieurs clubs locaux.
Richard Ambassa, footballeur camerounais :
« L’année passée, je jouais dans un club de première division amis cette années, j’ai rétrogradé en deuxième division parce qu’on nous a proposé une équipe qu’on doit relever pour la première division. Je suis rentré, on m’a fait appeler dans cette équipe pour essayer de remonter cette année « .
Loin des clichés du footballeur qui roule sur l’or dans les clubs européens, sa passion ne lui permet pas de subvenir à la fois à ses besoins et à ceux de sa famille restée au pays. C’est pourquoi entre deux entraînements, Richard travaille à entretenir l’un des nombreux jardins publics de Malabo.
Richard Ambassa, footballeur camerounais :
« Le championnat n’est pas professionnel et donc c’est les moyens financiers dans ce championnat c’est pas tellement élevé et donc nous sommes obligés, par rapport à notre situation de vie de pouvoir faire un travaille et le soir après ke travail aller aux entraînements pour pouvoir joindre les deux bouts à la fin du mois, pour pouvoir vivre, payer le loyer et de pouvoir envoyer quelque chose à ma famille au pays là-bas ».
Comme Richard, ils sont des milliers venus de tout le continent tenter leur chance dans ce tout petit d’Afrique de l’Ouest. Et comme la Guinée Équatoriale a également intérêt à bénéficier du talent de ces footballeurs étrangers, les démarches de naturalisation sont facilités. Conséquence, le Nzalang Nacional compte jusqu’à 10 joueurs qui ne sont pas nés guinéens.
Thierry Fidjieu, joueur de la Guinée Équatoriale :
« C’est comme ça dans le monde entier, dans toutes les équipes, même dans l’équipe de France, quelques fois dans l’équipe d’Allemagne. Donc dans notre équipe, je pense que nous avons dix joueurs qui ne sont pas guinéens. Je pense que deux ou trois parmi nous ont de la famille ici, c’est normal, c’est comme partout ».
C’est la cas également de Mamadou Konate, ivoirien d’origine, qui porte aujourd’hui le maillot équato-guinéen. S’il a réussi à réaliser le rêve de milliers de jeunes africains. Il aurait tout de même préféré jouer pour la prestigieuse sélection des Éléphants.
Mamadou Konate, joueur ivoirien de l’équipe nationale de Guinée Équatoriale :
« C’est un peu amer quand même pour moi de croiser la Côte d’Ivoire mais la vie est ainsi faite, on sait d’où on vient mais on ne sait pas où on va. Je serai obligé de gérer la situation qui arrive. La vie c’est comme ça. »
Ironie du sort, la Côte d’Ivoire et la Guinée Équatoriale se rencontreront samedi ici-même à Bata à l’occasion des quarts de finale de la CAN 2012.