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Le 09.02.2012 221 vues

Ennahda à l’ombre des salafistes

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Al Qarra – En Tunisie, les salafistes sont-ils des alliés inavoués ou des adversaires du parti Ennahda au pouvoir? Les tunisiens sont de plus en plus nombreux à se poser la question, inquiets autant que surpris par l’instrumentalisation de leur religion à des fins politiques. Devant l’urgence des difficultés économiques, le parti islamiste Ennahda ne rassure plus. Au lendemain de sa victoire électorale, il affichait pourtant sa volonté de rassembler les forces vives du pays, au-delà des clivages politiques. Mais aujourd’hui, ses préoccupations semblent porter davantage sur la réforme de la vie politico-religieuse du pays et le jeu des alliances troubles qui en découle. Les dernières déclarations du Nahdaoui Sadok Chourou, membre de l’Assemblée constituante le confirment. D’après lui, si Ennahda soutient la prédication salafiste, le parti au pouvoir n’est pas en accord total avec les pratiques politiques de cette mouvance. Contre toute attente, et malgré ces propos, Ennahda soutient fermement Sadok Chourou. Que révèle cette attitude ? Elle met clairement à jour l’influence des radicaux au sein du parti. Sur cet échiquier, Sadok Chourou apparait comme le trait d’union entre les deux idéologies islamistes. Il est apprécié des salafistes avec lesquels il entretient, depuis toujours, des liens très étroits. Pour Ennahda, il est donc l’émissaire idéal pour rassurer les salafistes quant aux orientations islamistes du gouvernement. On peut aussi se demander si la tentation salafiste ne sert pas d’abord Ennahda qui peut apparait ainsi plus modéré et donc plus fédérateur.

Sommes-nous en train d’assister à une émergence du fondamentalisme religieux en Tunisie ? Rien n’est moins sûr, malgré la passivité manifeste du gouvernement Jebali devant les agissements et la violence des radicaux. Car la culture salafiste n’a rien de commun avec la tradition musulmane tunisienne. S’ils affirment que leur vision s’inspire de l’islam originel, le Tunisien moyen ne se reconnaît en rien dans ce mouvement et observe avec beaucoup de méfiance ceux qu’ils appellent communément « les barbus ».

Aujourd’hui, les islamistes de tous bords semblent faire front commun, mais qu’en sera-t-il demain ? Dans leur course au pouvoir, ne risquent-ils pas de voir apparaitre des dissensions au sein même du mouvement islamiste ?

Quel islam politique en ressortira ? Les tunisiens s’inquiètent de l’évolution du processus démocratique, et doutent de plus en plus de ceux qui instrumentalisent la religion. Seule certitude aujourd’hui : le climat délétère risque de diviser la société tunisienne, avec pour ligne de partage la place de l’Islam dans la société ; Toute la question est de savoir si cette ligne de partage ne dégénèrera pas en ligne de rupture.

  • http://www.facebook.com/people/Racem-Gassara/1404801003 Racem Gassara

    les salafistes des alliés d’ennahdha!!!reportages a voir!!!