Al Qarra – Lundi, des centaines de somaliens se sont rassemblés aux abords de Mogadiscio pour manifester leur soutien à l’intégration du groupe terroriste somalien al-Shebab, dans le réseau Al Qaida. Ayman al-Zawahri, devenu leader de l’organisation terroriste international après la mort d’Oussama Ben Laden, a annoncé cette fusion la semaine dernière. Aurait-il du mal à recruter de nouveau adeptes, ou se cherche-t-il des alliés? Une chose est sûre, cette fusion constitue un revirement certain dans la politique de l’organisation, car Ben Laden avait toujours refusé de franchiser des milices subsahariennes. La nouvelle a ainsi réjoui le porte-parole des shebabs, Ali Mohamud Rage.
Ali Mohamud Rage, porte-parole des shebabs :
« Cette fusion montre comment, nous, musulmans, resterons forts et unis dans la guerre sainte contre les infidèles, de la même manière que nous nous tenons ici pour honorer ce moment historique et symbolique pour nous »
Dans ce rassemblement, des femmes voilées et armées, mêlées à des hommes aux visages cagoulés. Face à l’ampleur de la menace, les dirigeants somaliens pressent la communauté internationale de les aider à lutter contre les terroristes.
Suldan Ahmed Farah, porte-parole du président somalien, Sheik Sharif Ahmed :
« Nous souhaitons que la communauté internationale dans son ensemble, avec les Etats-Unis et l’OTAN, nous soutienne dans les combats qui nous opposent à l’organisation terroriste ».
Pour Ali Mohamud Rage, la communauté internationale est en train de préparer la colonisation du pays. Des militaires originaires de l’Ouganda, du Burundi, de l’Ethiopie et du Kenya maintiennent une pression constante sur les shebabs, en les combattants sur 3 fronts différents.
Depuis plus de vingt ans la Somalie, environ 10 millions d’habitants, n’a pas de véritable pouvoir central. Le territoire est fragmenté en différentes réalités d’administration et de pouvoir. La société elle-même, est divisée selon des lignes claniques. Le Failed States Index, l’index des Etats déliquescents, classe depuis quatre ans la Somalie comme le pays le plus sinistré de la planète, devant l’Afghanistan ou l’Irak. Gangréné par la piraterie, l’émigration et le terrorisme, et affaibli par la famine, le pays peine à retrouver un semblant de stabilité. Cette situation de crise permanente, qui se traduit par une véritable catastrophe humanitaire, profite néanmoins à beaucoup de monde. Aux acteurs régionaux, qui gardent ainsi la main mise sur le pays. Aux filières globales de la criminalité organisée, qui se servent du territoire somalien comme d’un énorme marché. Enfin, aux puissances Occidentales, sans doutes soulagées de pouvoir y décharger, à l’abri des regards indiscrets, des tonnes de déchets toxiques chaque année.
Cette alliance dans une internationale terroriste franchisée risque d’étendre son pouvoir de déstabilisation à d’autres pays que la Somalie. En effet Al-Shabab adhère à la vision d’Al Qaïda d’un jihad mondial. Même si ce groupuscule reste concentré sur le conflit avec le gouvernement somalien, il semble intensifier sa coopération avec des groupes jihadistes arabes.
Les Etats-Unis envisageraient ainsi d’accorder une aide supplémentaire à la Mission de l’Union africaine en Somalie, l’Amisom, pour aider à la lutte contre ce nouvel axe Al-Shabab et Al-Qaïda.