Al Qarra – Le Zimbabwe a ouvert mercredi la saison commerciale du tabac, avec un volume de production le plus important depuis 10 ans.
Cette année, avec près de 150 000 tonnes de tabac annoncées sur le marché, la production du Zimbabwe est effectivement la plus importante depuis 2002. Et les récoltes des pays concurrents, comme le Brésil ou les Etats-Unis, sont en baisse en raison des intempéries. Un déficit qui devrait donc profiter aux fermiers zimbabwéens…
Elphanos MASHINGAIDZE, Président de Tobacco Growers Trust :
« Cette saison sera une bonne saison, tout le monde sortira gagnant. L’année dernière, beaucoup de producteurs avaient laissé tomber le tabac face à une offre abondante et à la faiblesse des prix, et ils ne pouvaient donc pas payer leurs crédits. Mais avec les prix actuels – s’ils restent au même niveau – les producteurs pourront rembourser leurs emprunts et augmenter leur surface de culture. Le Zimbabwe sera alors de retour sur le marché international. »
La réforme agraire et l’inflation avaient appauvri les fermiers. Mais la situation s’est largement améliorée avec l’abandon de la monnaie nationale au profit du dollar et la formation d’un gouvernement d’union nationale début 2009. Selon le bureau de l’industrie du tabac, les prix devraient dépasser ceux de 2011 (pour osciller entre 1,70 et 4,75 dollars le kilo).
Les petits exploitants prospèrent notamment grâce à la Chine, qui domine aujourd’hui un marché contrôlé jadis par les occidentaux. Le géant asiatique soutient financièrement certains producteurs zimbabwéens et achètent plus de 70% des récoltes.
Elphanos MASHINGAIDZE, Président de Tobacco Growers Trust :
« Actuellement, plus de trois quart de notre tabac part vers l’orient, où il est récupéré par les Chinois. Ils ont l’argent pour payer, ils ont des fumeurs et ils sont vraiment enthousiastes. Ils sont arrivés en force. »
Le Zimbabwe fut le plus gros exportateur mondial de tabac. Après une chute à moins de 60 millions de kilos, le volume de tabac produit augmente depuis 2009, bien qu’il reste loin des 236 millions de kilos vendus en 2000.
La filière semble donc enfin se réorganiser, après une réforme agraire aux effets désastreux pour une culture qui est longtemps restée la première pourvoyeuse de devises du pays.
Selon le gouvernement, la production de tabac représente plus de la moitié des exportations agricoles du pays, et environ 30 % des exportations totales du pays, qui a longtemps été le grenier à grains de l’Afrique australe.